Parce qu'une Féesmaison lançait des concours et qu'elle aimait bien y participer,
elle décida de faire partager son petit bureau.
De bureau il n'en avait ni le nom, car il se prénommait table à manger, ni l'aspect, il était ovale long et recouvert d'un "bulle gum" qui servait plus à cette heure de la journée, à protéger le bois des tâches de peinture que d'eau renversée ou de casseroles auréolantes.
Elle n'avait pas d'atelier et peignait là, entre le salon et la cuisine "américaine" qui pour le coup n'en avait que le nom, car tout ce qu'on y trouvait était au combien "frenchieze", "africanieze" ou "asiatize" mais sur pas "americanize".
Face à elle, un vol de poissons rouges "japonize", qui la faisait s'évader, plus il est vrai, que la fenêtre à la liberté bafouée par cette immense immeuble grisonnant.

Derrière elle, les notes de jazz caressaient son dos vouté au dessus des petites toiles et encourageaient la main à s'appliquer et à produire en vue des futurs expositions et autres livraisons de boutique.

Parfois elle était très fatiguée, pensive, rattrapée par des idées qu'elle aurait voulu ignorer et lasse de ce corps qui la gênait aux articulations aux rhumatismes précoces, dans le dos et dans la nuque.